Perfect World – Rie Aruga

Tsugumi Kawana, 26 ans, travaille au sein d’une entreprise de décoration d’intérieur. Sa vie aurait pu se poursuivre sans heurts si, au cours d’une soirée professionnelle, elle n’avait croisé son premier amour : Itsuki Ayukawa. Le temps a passé depuis le lycée, et surtout, un drame a frappé le jeune homme, le laissant handicapé à vie. Certaine qu’elle n’aura ni la force ni l’envie de sortir avec un homme  » au corps amoindri « , la jeune femme va pourtant sentir quelque chose changer en elle…

Après 5 ans de parution, le 12ème et dernier tome de Perfect World est enfin paru aux éditions Akata et je me suis dit que c’était l’occasion de revenir sur ce titre qui est devenu un incontournable dans toute bonne mangathèque qui se respecte 🙂 Lors de sa sortie, les mangas sur le handicap étaient plutôt rares, depuis l’offre s’est diversifiée et c’est tant mieux. Il s’agit d’un titre qui m’a particulièrement touché par son thème, par son traitement et ce, pour plusieurs raisons…

Rapidement, je vais raconter un tout petit peu ma vie mais promis, pas trop longtemps, enfin je vais essayer 🙂 Il y a quelques années, une personne de ma famille a été touchée par le handicap, et même si nous vivons dans une société où on essaie d’aider les handicapés au maximum, je peux dire que absolument rien ne nous prépare aux différentes difficultés que nous pouvons rencontrer dans la vie quotidienne. Je me suis rendue compte qu’un trottoir, c’est juste le parcours du combattant quand tu dois pousser un fauteuil roulant, qu’une toute petite marche de 1cm devient une falaise, que les rampes d’accès ressemblent à des lacets de montagnes et que ta maison de plein pied n’est absolument pas adaptée. Entre le moment où le médecin annonce la mauvaise nouvelle et les difficultés que l’on rencontre après, c’est émotionnellement très dur. Du coup, je peux dire que Perfect World a eu un effet cathartique sur moi, même si certains passages du mangas me renvoyait à ce que je pouvais vivre, cela m’a permis de mieux le vivre.

Dès les premières pages, Rie Aruga prend le parti d’entrer directement dans le vif du sujet, Tsugumi est confrontée au handicap de Hayukawa qui fut son amour quand ils étaient au lycée, mais elle n’a jamais eu le courage de lui avouer. La mangaka aborde parfaitement tout ce qui découle du handicap, le rejet d’une partie de la société, les regards curieux ou autres, les questions que les gens n’osent pas poser en face, l’acception de son handicap, la non acception de son handicap, les pathologies qui découlent d’un handicap, le sport chez les handicapés, l’adaptation de l’habitation… Tout au long du manga, Rie Aruga est très didactique dans son propos et réussit à l’intégrer parfaitement à son récit. Au début, j’ai trouvé que c’était tellement bien équilibré que je ne savais plus vraiment si la romance était là pour parler du handicap avec plus de légèreté ou si le handicap était là pour donner à la romance un côté plus tragique. Et il va s’en dire que la lecture du premier tome amène le lecteur à se questionner, et si j’étais à la place de l’un des deux héros ? Comment je réagirais ? Est-ce que je serais capable de surmonter tout ça ?

Malgré toutes les difficultés que peuvent rencontrer Tsugumi et Hayukawa, ils arrivent à tracer leur route, elle est parfois sinueuse et souvent semée d’embûches mais à deux ils sont plus forts même si les doutes continuent de les habiter dans un petit coin de leur tête. Ils se soutiennent naturellement et mutuellement dans l’adversité… Et même quand ils s’éloignent souvent à cause de leurs proches qui veulent les protéger, ils reviennent toujours l’un vers l’autres. J’ai vraiment aimé suivre l’histoire de Tsugumi et Hayukawa du premier tome au dernier tome. J’ai aimé les voir mûrir et avancer ensemble. La série propose des tomes émotionnellement très forts que j’ai parfois eu du mal à lire mais Rie Aruga a su trouver l’équilibre tout au long de la série entre moments dramatiques et moments plus légers.

J’ai été triste d’avoir le dernier entre les mains, mais je trouve que la conclusion est parfaite subtile, drôle, triste et positive. Un vrai gros coup de cœur qui ne jamais démenti au fil des tomes.

Note : 5 sur 5.

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