Le Tigre des Neiges – Akiko Higashimura

L’histoire commence en 1529, à la naissance du troisième enfant de Nagao Tamekage, seigneur du château de Kasugayama. Son fils aîné n’ayant pas l’étoffe d’un guerrier, Tamekage veut faire de ce dernier- né son héritier, mais à son grand désespoir, c’est une fille qui naît. Il décide alors de l’élever comme un garçon et le nomme « Torachiyo ». Véritable garçon manqué, Torachiyo va grandir dans un petit château des montagnes, sans savoir quel incroyable destin l’attend…

Dans ma mangathèque se trouve de nombreux titres d’Akiko Higashimura, c’est une mangaka que j’apprécie tout particulièrement. La parution de Princess Jellyfish a été quelque peu malmenée par les éditions Delcourt et je pensais qu’on ne reverrai pas de sitôt un titre d’Akiko Higashimura en France mais c’était sans compter sur les éditions du Lézard Noir 😀 J’avais découvert le titre grâce au documentaire Manben où Higashimura Akiko discutait de sa façon de travailler avec Naoki Urasawa (autre mangaka que j’adule), et j’avais trouvé sa façon de travailler captivante. Il était donc tout naturel que je me procure Le Tigre de Neiges à sa sortie en France. Au début, je lisais les tomes au moment de leur sortie jusqu’au tome 4 où j’ai décidé d’attendre la parution complète pour lire la série d’un seul tenant, tout simplement parce que mes connaissances en histoire japonaise frôle le néant et que j’avais du mal à me souvenir ce qu’il s’était passé dans le tome précédent. 😅

Dans Le Tigre des Neiges, Akiko Higashimura part de l’hypothèse que Uesugi Kenshin, un célèbre seigneur de guerre japonais, était une femme. A première vue, cette hypothèse semble totalement farfelue mais dès les premières pages, la mangaka explique que c’est une hypothèse très sérieuse au Japon bien documentée et appuyée par des faits connus. Akiko Higashimura a fait énormément de recherches et a beaucoup voyagé pour les besoins de ce titre, et cela se ressent tout au long de la lecture. Pour l’occidentale que je suis, il n’a pas été aisé de m’y retrouver dans tous les évènements historiques et la multitudes de personnages, du coup, j’ai apprécié que la mangaka propose des explications très historiques et des explications très raccourcies dont je suis fan.

Je découvre avec plaisir la vie de Uesugi Kenshin, des circonstances de sa naissance jusqu’à sa mort, les multiples combats que Kenshin a mené, les complots auxquels il/elle a été confronté… Une vie riche remplie nombreux enseignements. J’ai apprécié les interrogations de la mangaka concernant les choix de Kenshin, certains ne ressemblent définitivement pas à ceux d’un homme. Mais ce mystère homme ou femme ne trouvera jamais de réponse et restera un mystère. Je découvre aussi le système féodale (pas simple de s’y retrouver) et les guerres japonaises. Ces dernières furent nombreuses mais pour beaucoup, il n’y avait pas de combats à proprement parler, les armées étaient levées et elles se regardaient en chien de faïence histoire de jauger les forces en présence. Je découvre aussi le rôle des saisons dans les guerres, les paysans formaient l’effectif principal et il ne fallait pas les appeler pendant les récoltes ou le piquage du riz sinon le peuple risquait de mourir de faim. Mais quand les batailles avaient lieu, elles étaient meurtrières.

J’ai toujours un peu peur quand un manga fouille dans l’Histoire pour raconter une histoire. Mais c’est sans compter sur le talent de narration de Higashimura Akiko, elle maîtrise son récit de bout en bout de montre l’évolution de Kenshin passant d’un/une enfant turbulent(e) à un/une adulte calme et réfléchi(e)… Tout s’enchaîne avec une très grande fluidité, que cela soit les apartés explicatifs ou encore les petites notes humoristiques car, oui, on retrouve dans le Tigre des Neiges, cet humour caractéristique de Higashimura Akiko. Le Tigre des Neiges est un titre de qualité qui a obtenu le Prix Jeunes Adultes du festival d’Angoulême en 2020, raison de plus pour craquer si ce n’est pas déjà fait.

Graphiquement, il n’y a rien à dire à part que c’est beau et les couvertures sont toutes plus belles les une que les autres. Certains trouveront le style graphique particulier mais personnellement, j’aime beaucoup le trait de Higashimura Akiko. Je salue le travail de traduction qui n’a pas dû être évident et les petites notes de compréhension qui arrivent toujours à point nommé au fil de la lecture.

Un vrai coup de cœur ❣❣❣

Note : 5 sur 5.

3 réflexions sur “Le Tigre des Neiges – Akiko Higashimura

  1. J’adore aussi ce titre, j’ai trouvé l’autrice très pédagogue et pourtant ce n’était pas simple. Je le suis aussi passionnée pour son héroïne autant que pour la période. Tu as raison de souligner l’excellente traduction hyper fluide.
    Pour la part, je me note de regarder cet épisode de Manben !

    Aimé par 1 personne

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