La Cité des Brumes Oubliées – Sachiko Kashiwaba

Partie seule dans un lieu reculé pour les vacances, Lina se perd dans un épais brouillard. Lorsque la brume se dissipe enfin, la jeune fille découvre au cœur de celle-ci un village inconnu… peuplé de personnages mystérieux et hauts en couleur.
Coincée dans la pension d’une vieille mégère à la tête bien trop grosse, Lina va alors devoir travailler dans des boutiques plus extravagantes les unes que les autres pour regagner sa liberté au cours d’un voyage d’apprentissage rythmé par des rencontres inoubliables.

Quand les éditions Ynnis ont annoncé la sortie du roman « La Cité des Brumes Oubliées » de Sachiko Kashiwaba, j’ai été fortement intriguée car j’ignorais tout simplement que Hayao Miyazaki s’était inspiré d’un livre pour son cultissime « Le Voyage de Chihiro ». Ce roman jeunesse est paru au Japon en 1975 sous le titre Kirino mukono fushigina machi (littéralement, Le mystérieux village voilé dans la brume) et c’est le tout premier roman de cette autrice. En me renseignant un peu plus, Hayao Miyazaki souhaitait adapter ce livre depuis un moment et la romancière a refusé deux projets avant de valider celui qui deviendra le plus succès du Studio Ghibli. Alors, je me suis ruée dans ma librairie à la sortie pour me le procurer, la curiosité était trop forte 😄 Commençons par le commencement, le livre est très court, environ 140 pages… C’est un roman jeunesse mais j’ai trouvé cela vraiment court et rapide à lire, je pense avoir mis entre 1h30 et 2h. L’avantage avec un livre aussi court, c’est que l’autrice ne se perd pas dans des descriptions inutiles et va directement à l’essentiel.

Le lecteur va donc suivre les aventures de Lina que son père envoie en vacances au milieu de nulle part et il ne prend même pas le temps de l’accompagner, il la colle dans le train lui dit qu’il y a deux changements (dont un à Tokyo) que quelqu’un l’attendra à l’arrivée en mode #parentindigne 😂 Lina est en 6ème, ce qui correspond à la dernière année de primaire au Japon, elle a donc entre 11 et 12 ans. Il la laisse donc traverser la moitié du Japon toute seule, personnellement, je pourrais pas laisser prendre le train tout seul à un enfant de 11/12 ans… Autre pays, autre temps, autre mœurs…

Elle se retrouve donc dans un village perdu où il la prenne pour une fugueuse pour finalement lui indiquer la possible direction de la vallée des brumes et la laisser partir toute seule en forêt… No stress 👌 J’ai trouvé ce début de roman un poil poussif mais Lina arrive rapidement au village et va rencontrer pour mon plus grand plaisir une galerie de personnages particulièrement loufoques. Tout d’abord, Grand-mère Picotto, froide et cassante… Elle a toujours le bon mot pour avoir envie de lui une claque… Je ne suis jamais friande de ce genre de personnages mais il y a un certain dynamisme entre Lina et elle qui n’est pas pour me déplaire. Lina va rapidement laisser parler sa personnalité et cela va donner des dialogues truculents, je pense notamment à ceux avec Cornichon ou encore avec le prince, elle devient assez mordante.

« Tu veux me frapper ? Je vois, les princes ne savent faire que ça alors ! On va devoir changer toutes les histoires dans lesquelles on raconte que les princes sont des garçons gentils et merveilleux. À la place on écrira qu’ils sont fainéants, impolis et qu’ils ne font que crier et frapper les personnes qui les ont sauvés !  »

Après un petit temps d’adaptation, Lina doit travailler dans les différentes boutiques de l’Avenue Extravagante, car « Qui ne travaille pas ne mange pas » selon l’adage de Grand-mère Picotto. Lina fait donc de multiples rencontres dont certaines plutôt étranges et assiste à des évènements « mystérieux ». Au fil des semaines de travail, elle devient plus débrouillarde et je comprends pourquoi son père l’a envoyé ici. Il était, lui-même, venu passer des vacances dans ce village et il savait tous les bénéfices que Lina pouvait en retirer. Cela n’a pas été facile tous les jours pour elle mais au final, ce fut une expérience positive du début à la fin et elle en ressort grandie.

La construction du roman est hyper classique à partir du moment où Lina va travailler, 2 ou 3 chapitres par boutique où elle travaille qui lui permettent de rencontrer tous les habitants du village, elle s’intègre rapidement à cette étrange communauté où elle lie de nombreuses amitiés. La fin est évidemment très rapide et je suis triste de quitter si rapidement Lina et ses amis loufoques. Je n’aurais pas été contre quelques chapitres supplémentaires ou mieux, une suite. Honnêtement, il n’y aurait pas eu la pastille sur la couverture que c’était le roman qui avait inspiré Le Voyage de Chihiro, je ne m’en serais pas doutée… C’est à la fois proche et éloignée, il y a des points que l’on retrouve dans le film mais je trouve ceux-ci peu nombreux. La plume est fluide, adaptée à la lecture jeunesse, je souligne le travail de traduction.

Une chouette découverte !!! J’ai vraiment apprécié ma lecture aussi rapide fût-elle 😀 J’espère que l’éditeur va proposer son deuxième roman qui a servi de base au film Wonderland, le royaume sans pluie 🙃

Note : 4.5 sur 5.

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